Espace J. et J. Donguy, Paris, 1989
Zapping 1, sérigraphie, métacrylate, 1 m x 1 m, 1989
Zapping 2, sérigraphie, métacrylate, 70 cm x 70 cm, 1989
Zapping 3, sérigraphie, métacrylate, 1 m x 1 m, 1989
Zapping 4, sérigraphie, métacrylate, 1 m x 1 m, 1989
Zapping 5, sérigraphie, métacrylate, 1 m x 1 m, 1989
Zapping 6, sérigraphie, métacrylate, 1 m x 1 m, 1989
Zapping 7, sérigraphie, métacrylate, 1 m x 1 m, 1989
Zapping est un travail sur l'image du voilier, à la fois référence à l'histoire
de la peinture (la marine) et image d'évasion symbolique de la "civilisation des loisirs", où les courses à la voile sont devenues des supports médiatiques
et publicitaires. Travail sur le fragment, le cadrage, la perception discontinue
de l'image induite par le zapping. MW

Article de Anne Christine Dray dans Art Press n° 144 février 1990

Monique Wender travaille sur l'image électronique depuis le début des années quatre-vingt. Par ailleurs, la vie quotidienne est à la fois prétexte et sujet de ses œuvres.
Sans la pervertir l'ordinateur restitue à l'image son statut de représentation. Elle est agrandie jusqu'à la limite de sa lisibilité. L'espacement qui se trouve entre les millions de petits points carrés devient, par endroits, une plage entière déserte
et neutre. Paradoxalement, c'est dans ces zones de non habitation que le sujet
de sa série se révèle: une course à la voile réduite à une voile effilée, inclinée, vide. Allusion à la tradition picturale des marines et aux loisirs, le dispositif de Wender recèle deux mouvements: celui, linéaire, de la voile qui traverse l'espace et celui, simultané, du changement des images sur un même écran.
Ici, il s'agit de la même image. Reproduite en sérigraphie, elle est fixée sur des plaques de plexiglas découpées selon des plans géométriques précis. Chaque pièce est un assemblage de ces plaques dont la construction est à elle seule
un tableau. L'image se glisse sur la totalité de la surface, passant d'une couleur pure à une autre, sans tenir compte du relief. Le champ de perception ainsi créé est lié à ce que génère le zapping - titre de l'exposition.
Chaque étape de la transposition de la photographie à l'ordinateur,
du grossissement à la sérigraphie, de la couleur pure aux reliefs en plexiglas, est un élément qui compose l'image, de sorte que celle-ci, traduite par des points
et agrandie, est la propre forme de sa décomposition et la composition des pièces est l'image de cette déconstruction. Ce jeu sur l'image est " à l'image " de notre mode de perception fragmenté, au sein d'une société de consommation d'images.

Article de Françoise Le Braz dans Kanal Magazine n° 5 février 1990

La galerie Donguy a présenté sous le titre Zapping les travaux récents de Monique Wender. Exposition intéressante à double titre: invocation technique et utilisation
au travers de l'ordinateur d'un média particulièrement représentatif de notre époque.
Profondément influencée par les constructivistes et tous les mouvements liant intimement l'art et la machine, Monique Wender opère selon un système multiphase. À partir d'une photographie retravaillée sur écran, tirée ensuite sur imprimante à jet d'encre, agrandie et marouflée sur toile, elle crée une image finale dont l'original " primaire " serait avant tout le code numérique stocké
dans la disquette. Chaque reproduction du dit code sur un quelconque support représente un nouvel original, l'image première s'éloignant progressivement jusqu'à s'abstraire.
L'exposition Zapping fait sciemment appel à des images apparemment anodines (courses de voiliers) déclinées et imprimées en sérigraphie sur des couches
de plexiglas de couleurs et de formes différentes. Des carrés et des cercles sont liés intrinsèquement et structurellement à l'image numérique. Le zapping (procédé typique de notre civilisation surmédiatisée) banalise les informations, mais donne peu à peu naissance à une nouvelle vision du monde à la fois discontinue
et simultanée, fragmentaire et globale.
Le travail de Monique Wender tend selon ce procédé à assimiler des images
et à les renvoyer détournées, morcelées, conjuguant ainsi dans le regard
du spectateur, abstraction et figuration. De ce fait, il s'avère particulièrement révélateur de notre nouvelle perception " fractale " de l'univers. Une perception qui induit une temporalité non plus linéaire, mais faite d'une multiplicité d'instants juxtaposés.
Exposition
  • Espace J. et J. Donguy, Paris, 1989